mardi 15 décembre 2015

Cinq livres sur l'expatriation à offrir pour Noël

Dans la lignée de mon article précédent sur l'opportunité d'offrir des livres sur l'expatriation à l'occasion de Noël et des fêtes de fin d'année, je vous propose aujourd'hui de découvrir les cinq livres que je recommande de glisser dans les chaussons de vos proches, et de préférence, dans ceux des conjoints accompagnateurs multi-expatriés (au féminin ou au masculin, on est bien d'accord !)



Ce livre est devenu un classique en la matière et un des premiers ouvrages sur la question en langue française. Il est toujours d'actualité et je le considère comme une lecture (ou une relecture) indispensable avant un départ en expatriation. Vous y trouverez des explications, des conseils et surtout des témoignages pour vous montrer que non ! vous n'êtes pas tout(e) seul(e) dans cette merveilleuse (mais néanmoins complexe) aventure qu'est l'expatriation. 


J'apprécie ce court ouvrage car il donne une vision rapide de la problématique de l'expatriation du point de vue du conjoint accompagnateur, notamment en ce qui concerne les aspects logistiques et sociaux. Comme je l'ai déjà écrit dans un billet à propos de ce livre, les multi-expatrié(e)s n'y apprendront rien mais il est parfait pour les néophytes de l'expatriation

Magdalena Zilveti-Chaland, Réussir sa vie d'expat' : s'épanouir à l'étranger en développant son intelligence nomade, Eyrolles, 2015

Dans ma bibliothèque d'expat, ce livre a trouvé une place de choix à côté de celui de Gaëlle Goutain et d'Adélaïde Russell. Disons que Le conjoint d'expatrié. Réussissez votre séjour à l'étranger s'apparente pour moi à l'ancien testament de l'expatriation et que Réussir sa vie d'expat' : s'épanouir à l'étranger en développant son intelligence nomade de Magdalena Zilveti-Chaland en est le nouveau ! Oui, j'ai osé cette comparaison ! Ce dernier apporte une vision plus moderne de ce qu'est l'expatriation aujourd'hui. Il recentre la problématique de l'expatriation autour de l'individu mettant en exergue les implications psychologiques, sociales, relationnelles et familiales que la vie à l'étranger peut avoir sur l'être humain. Bourré de références littéraires et cinématographiques, mais aussi de références sociologiques et psychologiques, cet ouvrage reste facile à lire d’autant qu’il est complété par de nombreux témoignages et par des exercices de coaching utiles. Bref, un must-read avant, pendant ou au retour d'expatriation

Stéphanie Talleux, Conjoint d'expatrié, votre carrière continue !, StudyramaPro, 2012

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre au titre accrocheur (il faut bien le dire !), car il m'a permis de croire en mon projet et de comprendre qu'il n'y avait pas de honte à avoir un parcours atypique. Une lecture régénératrice pour toutes celles et ceux qui souhaitent continuer à travailler ou à avoir des projets dans un contexte d'expatriation récurrente. 


Et pour terminer, un bon roman sur le sujet de la vie ailleurs. Francesca est française et enseigne l'histoire-géographie. Au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République Française, elle quitte son pays pour suivre son mari diplomate à Prague. Elle découvre du jour au lendemain ce qu'est la vie et le rôle d'"une femme d'expat", ses avantages et ses inconvénients. On la suit dans cette découverte intime qui remet en cause son identité, ses valeurs et même son couple. Le portrait d'une femme qu'on a sans doute croisée.

En espérant vous avoir convaincu, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année ! 

Ho ! Ho ! Ho !

mercredi 9 décembre 2015

Et si vous offriez des livres sur l'expatriation pour Noël ?



Noël approche à grand pas. Et vous n'avez pas terminé ou peut-être comme moi même pas commencé vos achats ? Pas de panique. Expat Forever vient à la rescousse pour vous donner quelques idées. 


Si vous me suivez depuis le début, vous savez que je suis une dévoreuse de livres, et entre autres de livres sur l'expatriation. C'est ce que je vous propose d'offrir cette année à vos proches :

  • soit parce qu'ils ne comprennent pas toujours votre mode de vie ;
  • soit parce qu'ils projettent de partir vivre à l'étranger (et au passage je vous conseille de leur donner aussi l'URL de mon blog ;))
Mais vous pouvez aussi vous faire plaisir et vous glisser sous le sapin quelques bons bouquins sur le sujet, histoire de préparer l'avenir. Car comme j'aime à le dire :  l'expatriation, c'est comme les trains. Une expatriation peut en cacher une autre !

Pour commencer cette petite série de billets autour des fêtes de fin d'année, voici ma première astuce pour offrir des livres sur l'expatriation à Noël !

Ma maison d'édition Springtime Books (petite soeur de Summertime qui a initialement édité Finding Your Feet in Chicago en 2012) vient d'ouvrir un magasin en ligne ... juste à temps avant Noël. Vous pouvez donc y acheter de manière sécurisée via Paypal tous les livres sur l'expatriation qui vous plaisent  et ce dans la monnaie de votre choix !!! 
Non seulement ainsi vous ferez des économies, mais les auteurs (dont je fais partie) obtiendront des royalties plus élevées qui si vous passez par Amazon. Elle est pas belle, la vie ?  Pour cela, il faut choisir le bouton "Buy on Springtime" sous le livre de votre choix lorsque vous êtes sur le magasin en ligne. 

Pour en savoir plus, consultez : 
Bons préparatifs de Noël et à très bientôt pour d'autres articles sur le même sujet.

Ho!  Ho ! Ho !

lundi 23 novembre 2015

Retour d’expatriation : les deux questions qui tuent !



Voilà 5 mois que je suis rentrée en France. Et pour être honnête, je suis heureuse d’être chez moi. Contrairement à certains expatriés qui vivent le retour en France comme une « punition », je me sens bien dans mes baskets en France. 

Les connaisseurs me diront que je suis encore dans la phase « lune de miel » du choc culturel inversé et ils ont sans doute raison. Il faut dire qu’il s’agit de ma seconde expérience en terme de retour. J’ai appris des erreurs commises lors de la première. Mes attentes sont réalistes et conformes aux chemins personnel et professionnel que je souhaite suivre.  De plus, je me suis réinstallée dans le même quartier que lors de notre dernier retour en France. Cela aide … logistiquement parlant.

La seule ombre au tableau vient sans doute des attentes que les autres ont parfois à mon égard. Par rapport à cela, j’ai noté une question que l’on me pose de manière récurrente : « tu vas chercher du travail ? »

Si la personne, qui me pose cette question, ne connait pas mon parcours et ne sait rien sur le milieu de l’expatriation, je ne lui en veux pas. Je résume rapidement la situation, j’explique quelle est mon activité professionnelle

En revanche, quand la question est posée par une personne qui sait, j’ai du mal à me contenir, car PUREE de PETITS POIS, je n’ai jamais cessé de travailler durant ces sept dernières années !!! Travailler pour soi, en son nom, indépendamment d’une entreprise, ça ne serait pas du travail ? 

J’ai parfois l’impression que ce qui sous-tend cette question, c’est : « c’est bien gentil ton activité, mais maintenant, il serait peut-être temps que tu te trouves un vrai boulot ». 
Rentrer en France, rentrer d’expatriation, voudrait dire, rentrer dans le rang ou plutôt dans le moule, celui du salariat. Le plus vite possible. Et pourtant, c’est souvent l’inverse qui se produit.

Mais le pire, au fond, ce sont ceux qui ne posent aucune question. Ceux qui font silence radio sur les aspects professionnels quand ils te voient. Ceux qui ne s’intéressent pas à ce que tu fais de tes journées parce qu’ils considèrent que cela n’a pas du beaucoup changé par rapport à ce que tu faisais à l’étranger, à savoir pas grand chose. En général, ce sont aussi ceux qui ne te posaient aucune question sur ce que tu faisais là-bas. L’indifférence perdure. Tu es rentrée. C’est bien. Et quand est-ce que tu repars ? C’est la question qu’ils te posent.

Et ça, c’est la deuxième question qui tue. 

A leurs yeux, tu es devenue celle qui n’est que de passage. Celle à qui, il ne faut pas trop consacrer de temps, car tu vas repartir, c’est fort probable.


Là, ça picote un peu au coin des yeux. Je crois que la phase « Lune de miel » est terminée. 

lundi 2 novembre 2015

Retour de blog


Quatre mois se sont écoulés depuis mon dernier billet. Quatre mois de silence. Quatre mois sans billets mais pas quatre mois sans écriture. Au contraire. J'ai écrit ailleurs avec un autre objectif, celui de terminer un roman. Objectif atteint. 

Et puis je dois le dire : j'avais aussi besoin d'une parenthèse, d'une accalmie par rapport au sujet de l'expatriation. Après sept ans à l'étranger (quatre aux Etats-Unis et trois en Chine, pour ceux qui n'aurait pas suivi), dont cinq ans de blogging sur la thématique, j'avais besoin d'une pause dans tous les sens du terme : ne plus la vivre, ne plus l'écrire et apprécier chaque instant du retour. Mission accomplie.

Alors ne vous étonnez pas : 

  • si j'écris moins ici, c'est parce que je le fais plus ailleurs.
  • si je blogue moins, ce n'est pas parce que mon retour se passe mal mais parce que je souhaite le vivre pleinement et pas forcément derrière un écran. 
Si je souhaite continuer à écrire sur ce blog tout en poursuivant mes autres projets rédactionnels,  il me faudra trouver un autre rythme, un nouveau souffle, un nouvel angle pour ce blog. Est-ce que j'y parviendrai ? Je n'en sais rien. Mais c'est un beau défi à relever !





lundi 20 juillet 2015

Chronique d'un retour d'expatriation en dessins

À l'occasion de mon retour en France, j'ai envie de partager avec vous les étapes de celui-ci d'une manière un peu différente. 


En effet, en plus de ce blog, je tiens des carnets quotidiens. J'en ai déjà parlé, me semble-t-il ... J'ai commencé à les tenir il y a bien longtemps. Au départ, il y avait beaucoup de textes, puis j'ai intégré des dessins et maintenant il n'y a presque plus que ça. Je vous laisse découvrir.

Le déménagement

Dire au revoir

Départ et arrivée en France

Préparation de notre installation  

Qu'en pensez-vous ? C'est ma manière d'archiver notre vie de famille nomadique.


Partageons nos expériences pour mieux vivre notre retour d'expatriation.




mardi 14 juillet 2015

Derniers jours à Shanghai

J’écris ce billet alors que je suis de retour en France depuis deux semaines et cinq jours. Dans ce contexte de transition, j’ai eu du mal à trouver du temps pour écrire sur mon blog. J’en avais très envie, j’avais des idées mais j’avais du mal à passer à l’acte pour des raisons organisationnelles et émotionnelles. Je n’étais pas prête. Je me demandais aussi si ce que j’avais à dire rentrait dans le cadre de ce blog sur l’expatriation ? Je n’en étais pas sûre. Et puis, j’ai décidé que si, bien évidement, cela en faisait partie.

Alors voilà, aujourd’hui, j’ai décidé de faire un petit travelling arrière et de vous raconter l'un de mes derniers jours à Shanghai, une journée emblématique. D’une certaine manière, je reviens aux origines même du blog : un journal de bord au quotidien … ou presque !

Le 19 juin 2015 est une journée clef. Nous ne sommes qu’à une semaine du départ définitif mais le compte à rebours à commencer ce jour-là car c’est la dernière journée d’école de mes filles. Or l’école internationale britannique où elles sont allées ces deux dernières années a joué un rôle central dans notre organisation quotidienne, nos activités et au final notre bien-être familial.

Sans rentrer dans le détail du déroulement de cette journée, je dirais simplement qu’elle a été très émotionnelle. Car ce fut une journée de remise de prix, de discours, de chansons et de musique. Une journée remplie de joie, de rires mais aussi de larmes car il a fallu dire au revoir aux élèves, aux enseignants, aux entraîneurs, aux parents d’élèves, à toutes ces personnes que j’ai croisé chaque jour et qui ont rythmé sans le savoir les journées, les semaines, les mois de notre vie de famille en Chine. Bref, une journée d’au revoir que toutes les mamans expatriées et multi-expatriées redoutent mais vivent parce qu’ils le faut bien, parce que c’est une étape douloureuse mais nécessaire pour aborder avec sérénité la prochaine expatriation ou le retour au pays. 

Je n’avais jamais vécu une telle journée avec autant d’émotions contradictoires. Cette journée du 19 juin est à l’image de mon séjour en Chine : des hauts, des bas, des milieux. 

Cette journée est aussi une traduction parfaite de ce qu’est pour moi désormais l’expatriation : un mélange de sentiments ambivalents. Une sorte d’espace physique et temporel dont on ne sait pas ou plus si on l’apprécie ou pas, où se mélange l’inconfort et le plaisir. Un sentiment bizarre difficile à décrire, difficile à expliciter et donc à faire comprendre à son entourage le plus proche. 

En cette fin de journée, je suis épuisée, physiquement et mentalement et j’ai hâte d’être partie parce que je sais que les jours qui vont suivre seront à nouveau remplis de ce sentiment incertain et d’au revoir. Et je hais les au revoir, surtout quand ils s’éternisent.

Ce que je retiens de cette journée, c’est que même si un séjour à l’étranger n’est pas le meilleur qu’on ait vécu et que la mayonnaise n’a pas pris, il est quand même difficile de dire au revoir, de partir, de passer à autre chose … 

Et vous, avez-vous déjà vécu un départ ? Comment l’avez-vous vécu ? Faites-en part dans les commentaires.


Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation et notre retour d’expatriation.

mardi 16 juin 2015

Expat Forever est le blog du mois sur Expatclic

Hello / Nihao / Bonjour  ...


juste un petit billet en passant pour vous informer qu'Expat Forever est le blog du mois (juin 2015) sur le site Expat Clic.


Merci à Claudia pour cette interview ciblée sur les raisons qui m'ont amenées à créer mon blog en expatriation, pourquoi cet espace virtuel d'expression est important pour moi et ce qu'il m'a apporté.

Après avoir lu cet entretien, je vous encourage à faire un tour sur ce site multilingue dédié aux femmes expatriées. Vous y trouverez beaucoup d'information et de ressources utiles à votre vie  à l'étranger.

À bientôt sur Expat Forever !

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation

lundi 25 mai 2015

Un nouveau départ, une nouvelle impatriation !

Attention, ceci est un billet d’humeur !

Cela fait déjà trois ans que nous vivons à Shanghai et un nouveau départ approche. Après quatre années aux Etats-Unis (Chicago) et trois ans en Chine (Shanghai), nous partons à nouveau pour de nouvelles aventures mais cette fois-ci nous rentrons au pays de la baguette, du béret et du fromage qui pue. Nous rentrons cet été chez nous ! À la maison ! En France ! 

Quand je l’annonce à d’autres expats leurs réactions est souvent la suivante :
- Vous partez ? Et où allez vous ?
- Nous rentrons en France. 
- En France ? Et vous êtes contente ? Ça ne va pas être trop dure ? Et vos filles, ça va les changer, non ? L’école française, ça va être un choc pour elles (1), vous ne croyez pas ? 

Bref, j’ai comme l’impression que le retour en France est souvent vue par les expatriés, ou du moins certains d’entre eux, comme la fin du monde, la fin d’une vie, bref une catastrophe totale, presque une punition. Et quand on lit des articles sur le sujet, c’est vrai que cela donne franchement envie d’aller se coucher. Ben, pas moi ! C’est sans doute là ma différence parce que pour être franche, je suis RA-VIE de retrouver mon pays, ses avantages et ses inconvénients.

Cette impatriation ou retour d’expat ne me fait pas peur, sans doute parce que c’est ma deuxième et que je sais plus ou moins à quoi m’attendre, que je m’y suis préparée, que j’ai un plan d’attaque et des projets plein la tête. C’est sans doute aussi pour cela que jusqu’à maintenant mes filles le vivent plutôt bien. 

Qu’on ne se méprenne pas sur mes propos. Je ne suis pas une superwoman de l’expat ni de son retour d’ailleurs. Je vivrai sans doute les mêmes difficultés que tous ceux et toutes celles qui rentrent de l’étranger après une belle expérience. Simplement, je suis dans un état d’esprit positif par rapport à ce retour. C’est sans doute cela qui fera la différence selon moi. 

Alors s’il vous plaît, arrêtez de me casser la baraque en me rappelant sans cesse que ça va être difficile et compliqué !

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation … et bientôt notre impatriation !

(1) Scoop pour celles / ceux qui suivent ce blog : après un an au lycée français du coin, mes deux filles ont rejoint une école internationale anglophone. Je sais, je sais, je ne l’ai jamais mentionné sur ce blog. 

Crédit photo : Free Digital Photos


lundi 11 mai 2015

Enquête sur la carrière du conjoint expatrié

Carrière du conjoint accompagnateur expatrié
Carrière du conjoint accompagnateur expatrié

Aujourd'hui, je relaie une information qui me tient à coeur car elle traite de la carrière du conjoint accompagnateur en expatriation


Femmexpat, le site de la femme expatriée francophone, et Expat Communication, réalisent une enquête sur la carrière du conjoint expatrié. En effet, à l'occasion d'une enquête réalisée en janvier 2015 à propos du couple en expatriation, Alix Carnot, directrice du développement d'Expat Communication, a relevé les chiffres suivants :

  • 90% des conjoints accompagnateurs francophones sont des femmes ;
  • 60% des femmes en expatriation qualifient leur carrière d’atypique ;
  • seules 40% des femmes qui ont suivi leur conjoint et souhaiteraient travailler y parviennent.
Afin de mieux comprendre la situation professionnelle du conjoint accompagnateur expatrié, Femmexpat réalise une enquête sur le sujet. Pour répondre à leur questionnaire qui ne vous prendra pas plus de 15 minutes de votre temps, cliquez sur le lien suivant :


Si vous êtes un conjoint expatrié ou si vous l'avez été, quel que soit le contexte d'expatriation (expatriation classique, contrat local, projet entrepreneurial, etc ...) cette enquête vous concerne. Vos réponses permettront de mieux comprendre la problématique de la carrière du conjoint accompagnateur et par la suite de partager les bonnes pratiques. 

Je vous encourage vivement à diffuser cette information autour de vous par e-mail et sur vos réseaux sociaux. 

Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation.

Crédit illustration : Free Digital Photos

lundi 4 mai 2015

Interview avec Christelle Bourgeois, fondatrice de Calliframe

Calliframe Christelle Bourgeois
Christelle Bourgeois, créatrice de Calliframe

Dans le cadre de mes « interviews d’expat », je privilégie des parcours de qualité en fonction des demandes qui me sont faites mais aussi et surtout en fonction de mes envies et de mon souhait de montrer la diversité des expériences possibles. 
Dans le cadre de ces entretiens, je vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur,  et très souvent les deux en même temps, afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation et parfois au retour de celle-ci (impatriation). Ces interviews démontrent que l’on peut être une conjointe d’expatrié, se réaliser professionnellement et avancer dans sa vie active. 


Ce mois-ci, j’ai rencontré Christelle Bourgeois, fondatrice de Calliframe : elle crée pour des femmes entrepreneurs expatriées ou non des sites internet sous WordPress.

Expat Forever : D’où êtes-vous originaire ?
Christelle Bourgeois : Je suis née en France en Picardie dans une jolie ville médiévale où j’ai passé toute mon enfance et où j’ai même enseigné pendant deux ans.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ?
CB : Cela fait cinq ans que je vis en Angola, un pays d’Afrique Lusophone. Ce pays est encore assez méconnu en Europe. On a tendance à l’associer à la guerre qui avait ravagée le pays, mais depuis la fin de celle-ci, le pays est en plein développement. C’est un endroit qui recèle de nombreuses richesses au sens littéral (pétrole, diamants...) mais aussi au figuré (culture, géographie...). Si le tourisme n’est pas encore développé, j’ai eu la chance de découvrir des paysages vierges et sublimes. Je crois beaucoup en l’avenir de l’Angola.

EF : Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours d’expatriée ?
CB : Je ne sais pas si ça compte mais mon Capes en poche je suis tout de suite partie au Pays de Galles pour être assistante française. J’ai toujours aimé bouger et j’avais envie de vivre au Royaume Uni, pays cher à mon coeur.
J’ai ensuite passé 2 ans en France pour être titularisée et avoir un peu d’expérience en tant qu’enseignante.
Puis mon conjoint a eu l’opportunité de travailler près de Londres donc j’ai demandé une disponibilité pour le suivre.
Retourner outre-Manche était un rêve donc je n’ai pas hésité. J’ai pu enseigner pendant deux ans au Lycée Français de Londres. Un réel honneur. Mon rêve de petite fille se réalisait : enseigner le Latin et le Grec en Angleterre ! Drôle de rêve, non ?
Mon conjoint a ensuite eu une proposition de travail. Deux en réalité : c’était Paris ou l’Angola. Pour moi il n’y avait pas de doute : Angola! J’avais de toute façon déjà réalisé mon rêve et à cette période je commençais à avoir quelques doutes sur ma carrière professionnelle. Même si enseigner, passer des connaissances à d’autres, me passionne, je n’étais plus très sûre du public auquel je souhaitais enseigner. J’ai essuyé quelques déceptions et je commençais à me poser des questions.

EF : Dans quel état d’esprit êtes-vous partie la première fois en expatriation et avec quels objectifs ?
CB : L’ Angola n’était donc pas la première expatriation à proprement parler, mais la première lointaine. Celle aussi qui était la plus éloignée des codes de la culture européenne.
Je partais donc avec l’objectif de découvrir une nouvelle culture, d’avoir de nouvelles habitudes, de tenter l’expérience africaine.
J’avais passé deux semaines dans un petit village en Mauritanie quand j’avais 10 ans. Là bas, j’avais pu me promener dans les rues, aller au marché avec ses étales de viande recouverte de mouches. Les tissus, les épices, les couleurs... Cela m’avait marquée et plu donc même si je ne savais pas à quoi m’attendre en Angola, l’idée d’aller en Afrique me plaisait.

EF : Quelles difficultés avez-vous rencontré lors de votre installation en Angola ?
CB : La première difficulté fut de trouver un logement. Nous faisions partie des premiers couples à être gérés par la société de mon conjoint donc trouver un appartement fut assez compliqué. En outre il y a cinq ans il n’y avait quasiment pas de bâtiments neufs dans Luanda. Les logements étant extrêmement chers, il y avait également un budget à respecter. Nous avons passé deux mois et demi dans une chambre d’hôtel très propre mais très sombre et à la fin je tournais en rond. Je ne pouvais pas cuisiner ou m’installer vraiment.
Grâce à un coup du sort (bouche à oreille et pur hasard) nous avons trouvé notre appartement actuel qui est vraiment agréable et cela a contribué à nous faciliter la vie ici.

EF : Souhaitiez-vous travailler lors de votre arrivée ?
CB : Je souhaitais travailler. Il me semblait inconcevable de ne pas gagner ma vie. J’avais contacté le lycée français sur place et j’ai pu enseigner l’anglais pendant un an. Mais je m’éteignais. Je sentais que quelque chose n’allait pas professionnellement et je n’ai pas souhaité poursuivre l’année suivante. En outre il n’y avait pas de poste de Lettres. Et quand il y en a eu un quelques années après, c’était un poste d’expatrié et je n’avais pas le droit de postuler puisque j’habitais déjà dans le pays... La logique des administrations françaises...
J’ai donné des cours particuliers mais j’ai aussi souhaité faire le point sur ce que je pouvais faire d’autre. Ce fut très compliqué car je ne pensais pouvoir qu’enseigner. J’ai eu une période difficile où je me suis sentie seule, sans talent, sans confiance en moi et surtout en ayant l’impression que je ne savais rien faire sinon être prof.
Le responsable du CIO à la fac me l’avait dit: "Avec une maîtrise de Lettres Classiques, vous ne pouvez rien faire d’autre que prof." La sentence avait été sans appel. Alors que je me rends compte maintenant que cette voie est très riche et qu’elle permet de bâtir des bases solides et d’avoir des compétences en de nombreux domaines. Sur ce point les anglo-saxons sont moins "narrow- minded" et reconnaissent les capacités des littéraires même dans le monde de l’entreprise.
De même, lorsqu’on réussit un concours, on a un chemin tout tracé et aucune question à se poser. Pas besoin de chercher un emploi non plus. On est en quelque sorte protégé. Donc le jour où on souhaite sortir de ce cadre, l’inconnu est effrayant. Que puis-je faire ? Où aller ?
J’ai suivi une formation avec une coach qui m’a aidée à me poser les bonnes questions et à réévaluer mes priorités. Cela a été un vrai déclic.
C’est tout naturellement que je me suis tournée vers les nouvelles technologies car déjà dans mon métier de prof j’essayais de les utiliser un maximum. En outre je me souviens avoir créé une sections Lettres Classiques sur le site d’un des lycées où j’avais enseigné et c’est en général aussi vers moi que mes collègues se tournaient lorsqu’elles avaient un souci technique. J’adorais résoudre leurs problèmes. J’adorais apporter de l’information via internet.

EF : Vous avez créé en 2014 un projet professionnel nomade qui s’appelle Calliframe. Comment et pourquoi avez-vous été amenée à développer un tel projet ?
CB : Je me souviens que j’avais essayé de créer un site pour parler de ma vie en Angola lors de ma première année. Et je n’avais vraiment pas trouvé ça facile. Les histoires d’hébergement, de nom de domaine, tout cela était complexe. Puis suite à mon coaching en 2013, j’ai découvert WordPress. WordPress permet d’avoir un site auto-hébergé et de construire un site à son image et surtout de l’éditer assez facilement. J’étais sous le charme. J’ai donc approfondi mes connaissances sur le sujet et souhaitant faire des choses de plus en plus spécifiques, j’ai commencé à coder.
J’ai découvert de nouveaux langages et je pense que ça m’a tout de suite plu car comme en latin, grec ancien ou sanskrit, il y a une logique derrière le code. Même si le code s’apprend (surtout en pratiquant) il y a quelque chose là dedans qui résonnait en moi.
Outre le côté technique, le côté graphique m’a également attirée. Quand j’étais plus petite, j’aimais faire de l’aquarelle, de la calligraphie, du dessin avec des pastels. C’est donc avec un grand intérêt que je me suis tournée vers l’apprentissage de logiciels de retouches ou de créations graphiques.
Le web design regroupait toutes les compétences qui existaient déjà en moi et qui me faisaient vibrer.
Je me suis donc formée intensément à ces technologies et continue encore car j’adore apprendre et dans ce domaine, l’apprentissage ne s’arrête jamais !
En outre comme nous souhaitons continuer l’expatriation avec mon conjoint, je peux exercer mon activité n’importe où. Pas besoin d’attendre qu’un poste se libère dans un lycée. J’aime cette sensation de liberté et d’avoir également le contrôle sur mon métier.

EF : Quels genres de services proposez-vous et à qui s’adressent-ils ?
CB : Je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule à m’être posée des questions sur mon avenir professionnel lors de mon expatriation. Beaucoup de femmes expatriées se remettent en question, doutent ou au contraire ont des projets. Certaines ont des hobbies qui prennent tellement d’ampleur que finalement elles se professionnalisent.
A l’ère du numérique, que l’on souhaite faire partager sa passion ou vendre ses services, il est essentiel d’avoir un site internet. Et surtout si on souhaite vraiment avoir l’air Pro, bien construire son site dès le début évite de perdre énormément de temps.
J’aide donc des femmes entrepreneurs expatriées ou non à créer LE site internet qui saura les mettre en valeur et être en phase avec leurs services et leur audience. Je les aide à déterminer leur style pour qu’elles se créent une identité en ligne, une marque reconnaissable au premier coup d’oeil. Je mets en place leur site en utilisant WordPress pour leur laisser un maximum de flexibilité sur leur contenu. J’aspire à créer des sites qui correspondent à la personnalité de ma cliente mais aussi qui s’adressent à leur audience. J’aime que les choses soient belles mais surtout fonctionnelles. Le but étant de faire grandir leur communauté, de se faire connaître en ligne et d’avoir un outil solide pour le faire.
Ma démarche vise à les dispenser du côté technique qui peut-être à la fois chronophage et déconcertant mais aussi à les conseiller pour qu’elles aillent dans la bonne direction dès le début. C’est là je pense que mon côté pédagogique ressort car j’aime écouter, comprendre et expliquer les choses simplement pour que la personne en face de moi se sente à l’aise et comprise.
En plus de mes services, j’écris des articles sur mon blog afin que les femmes qui souhaitent se lancer dans l’aventure du numérique puissent trouver des ressources et des conseils faciles à mettre en pratique.

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?
CB : D’un point de vue personnel, je suis plus en phase avec moi même. Devoir créer et apprendre sans cesse , cela est très stimulant!
D’un point de vue professionnel, cela me permet d’ajouter une corde à mon arc. J’ai certes un parcours atypique et qui contient deux disciplines diamétralement opposées néanmoins je crois qu’elles se recoupent et elles me permettent de me bâtir un background solide.
Dans tous les cas, ce changement de situation m’a permis de me rendre compte qu’on a tous des capacités et qu’on n'est pas obligé de s’enfermer dans une profession.

EF : Et selon vous, quels sont les inconvénients ?
CB : Les inconvénients c’est que lorsqu’on se met à son compte, il faut savoir tout faire. Donc ce n’est pas le tout d’être doué dans son domaine, mais il faut aussi revêtir plusieurs casquettes. Savoir communiquer, vendre, faire la comptabilité etc. C’est aussi ne pas forcément avoir un revenu régulier tout le temps. La sécurité de l’emploi n’est pas assurée. Néanmoins dans ces inconvénients, j’y vois toujours une force car je n’aurais jamais découvert tout ça si je n’avais pas changé de voie donc même si un jour l’aventure devait s’arrêter, j’aurais énormément appris.
L’autre inconvénient, c’est de faire comprendre à son entourage que non, on n’a pas raté sa vie parce qu’on n’a pas suivi la voie toute tracée par ses études. Le monde professionnel est en plein bouleversement et en tant qu’expatriée on ne rentre pas dans un moule. Il est donc normal de se réinventer professionnellement.

EF : Pensez-vous que l’expatriation rende la gestion de votre projet plus difficile ou au contraire plus facile ? Pourquoi ?
CB : Dans mon cas l’expatriation est ce qui a rendu ce projet possible. L’expatriation pour la conjointe peut signifier avoir du temps pour soi. C’est donc à soi de mettre à profit tout ce temps alloué. En outre, l’expatriation permet d’être avec des personnes qui vivent les mêmes problématiques donc on se sent soutenue, on se sent moins seule et on peut partager nos expériences.

EF: Que conseillerez-vous à d’autres femmes qui s’apprêtent à suivre leur conjoint à l’étranger pour la première fois ?
CB : Si c’est pour la première fois, et si elles peuvent avoir du temps pour elles lors de l’expatriation, je leur conseillerais d’abord de profiter de leur nouvel environnement. Après tout s’implanter dans un nouveau pays peut être déstabilisant donc autant bien connaître son environnement. Inscrivez-vous dans des alliances françaises si vous devez apprendre la langue de votre pays d’accueil, allez à des cafés rencontre, visitez la ville et le pays. C’est ce que j’appellerais la phase d’adaptation.
Ensuite selon les rencontres que vous allez faire, des opportunités vont se créer que ce soit via une association, un club, une activité sportive. Petit à petit vous allez trouver votre place et participer à la vie de votre communauté.
Enfin, n’hésitez pas à proposer vos services aux expatriés qui vous entourent, à vous faire connaître et si vous n’avez pas d’activité, cherchez ce qui vous plairait d’accomplir pendant cette expatriation. N’hésitez pas à vous former aussi. Commencer un blog est également une bonne idée car on ne sait jamais où cela va vous emmener. Je crois aussi qu’il est important de montrer sur votre CV que votre expatriation a été l’occasion de découvrir de nouvelles compétences même si elles sortent du cadre de votre formation initiale.

EF: Quels conseils donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre une activité professionnelle nomade ?

CB : Trouvez votre idée, celle qui vous fait vibrer. Etablissez un plan d’action sur comment la mettre en place. Demandez vous : Quelle est mon audience ? Que puis-je apporter ? Comment m’y prendre ? Il faut bien sûr un peu de préparation mais surtout lancez-vous ! Étant perfectionniste moi-même je me suis freinée inutilement par moments. C’est dans l’action qu’on apprend le plus. AGISSEZ !

Merci Christelle pour ce partage d'expérience très riche et vos conseils. 
Vous pouvez retrouver Christelle sur son site internet Calliframe, mais aussi sur  Facebook et Twitter

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

mardi 28 avril 2015

Expat Forever a 5 ans

Le blog Expat Forever a 5 ans !
Pour fêter les cinq ans d'Expat Forever, un tout petit poème pour me faire plaisir !

Joyeux anniversaire
À mon blog Expat Forever !
Cinq ans de blogosphère
égale 275 billets et 700 commentaires.

Des lectrices assidues
et beaucoup, beaucoup de pages vues.
Une rédactrice toujours aux manettes
à l’affut sur internet
pour trouver des informations
sur son sujet de prédilection :
l’expatriation.

Joyeux anniversaire
Expat Forever !

mardi 21 avril 2015

Les dix mots clefs d’une conjointe accompagnatrice multi-expatriée

Dix mots clefs d'une conjointe accompagnatrice expatriée

Voici mes dix mots clefs de conjointe accompagnatrice multi-expatriée qui définissent la réalité de mon quotidien.

1- Blog

Mon blog a été un élément essentiel de mon bien-être à l’étranger. D’ailleurs ce n’est pas pour rien si je blogue depuis bientôt cinq ans, ce qui sur l’échelle du blogging n’est pas rien, car la durée de vie moyenne d’un blog est de 3 à 6 mois. 
Vous vous demandez, ce que bloguer m’a apporté ? C’est un sujet de billet en soi dont j’ai déjà parlé par ailleurs, mais pour résumer bloguer en expatriation permet de se donner une routine, de développer des compétences professionnelles en communication, en marketing et webmarketing, de dégager du temps pour soi, de se donner des objectifs personnels et professionnels, de rencontrer de nouvelles personnes localement et globalement, de partager ses découvertes, etc … Mais un des principaux avantages du blogging est sa portabilité. Quand on est multi-expat, c’est plutôt important, non ? 

2- Créativité

Dans l’imaginaire collectif, femme + expatriation + créativité = peinture sur soie, céramique et noeuds chinois. Sauf que je trouve cette conception un peu années 50 et que créativité ne rime pas qu’avec macramé ! Mais ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre les activités Do It Yourself. Simplement, je trouve que cette vision de la conjointe accompagnatrice est très réductrice et renvoie la femme expat à ses fourneaux, si je puis dire … Selon moi, la créativité signifie bien plus que cela. C’est aussi trouver des solutions originales à ses difficultés. C’est penser en dehors du cadre que la société nous impose, c’est sortir de sa zone de confort pour régler ses problèmes, c’est retourner une situation défavorable ou inconfortable en sa faveur. Et vivre dans un contexte d’expatriation récurrente nous oblige à développer ce type de créativité. D’ailleurs une étude scientifique très sérieuse l’a démontré et je ne suis pas surprise par de telles conclusions.

3- Distance / Décalage

En expatriation, elle est toujours là, la distance. Elle est d’abord physique : on a mis des milliers de km entre soi et les siens. Elle est aussi symbolique et le mot distance devient décalage. On est en décalage avec son nouvel environnement culturel, avec sa famille et ses amis restés au pays, avec son conjoint qui est aspiré par son activité professionnelle, avec ses enfants qui telles des éponges se fondent à vitesse grand V dans la culture locale oubliant leurs racines, les vôtres.

4- Doute

Ce mot va de paire avec le précédent. Ils fonctionnent un peu comme les personnages de Dupont et Dupond dans Tintin. Après le décalage, le doute vous prend à la gorge mais grâce à la créativité (voir plus haut) qui est en chacune de nous, on lui tord le cou ! Et on passe à l’étape suivante.

5- Écriture

Tout comme le blogging, l’écriture (créative et non-fictionnelle) a été un élément facilitateur dans mon quotidien de conjointe accompagnatrice multi-expatriée. Cette activité d’abord très personnelle est devenue mon activité professionnelle avec la création de Writer Forever. Elle est devenue mon fil d’Ariane dans un contexte de mobilité récurrente et m’a apporté une stabilité professionnelle et émotionnelle au quotidien. L’écriture m’a permis de réduire la distance physique,  les décalages symboliques et de limiter le doute.

6- Flexibilité

Elle fait partie du quotidien de toutes les femmes. Mais en expatriation, je trouve qu’elle prend une autre dimension, comme si on passait en 3D ! D’ailleurs, c’est un danger car cela peut nous amener à accepter des activités ou des situations qu’au fond de nous on ne souhaite pas. Alors, oui à la flexibilité mais pas trop non plus.

7- Humeur

Elle peut être très variable en expatriation et elle est intrinsèquement liée à ce fameux choc culturel qui peut nous jouer des tours. Lorsqu’on est multi-expatrié, il faut apprendre à surfer sur la fameuse courbe en U du choc culturel qui se répète au gré des déménagements internationaux. 

8- Résilience

D’après mon dictionnaire, la résilience est l’ « aptitude à faire face avec succès à une situation représentant un stress intense en raison de sa nocivité ou du risque qu'elle représente, ainsi qu'à se ressaisir, à s'adapter et à réussir à vivre et à se développer positivement en dépit de ces circonstances défavorables ». D’abord utilisé en physique des matériaux pour la résistance aux chocs, ce terme s’emploie désormais aussi en psychologie. Sa définition correspond particulièrement bien à ce par quoi passe les expatriés et les multi-expatriés lors de l’étape de la transition culturelle. Tout cela pour dire qu’il y a de l’espoir : l’être humain s’adapte à toutes les situations. C’est ce qui me permet désormais de garder une humeur constante : je sais que je suis résiliente !

9- Solitude

Qu’on le veuille ou non, en expatriation on est toujours plus ou moins seul, notamment au début. Lors de ma première expatriation en Norvège (en couple et sans enfant), je me rappelle avoir passé plusieurs jours d’affilée sans parler à personne, sans comprendre personne … Soit on apprend à vivre avec, soit on trouve des solutions. En ce qui me concerne, je navigue entre les deux et ça me va bien. 

10- Travail

Le travail ou l’emploi peut selon les cas être un problème pour les conjoints accompagnateurs expatriés et multi-expatriés. Cela en fut un pour moi pendant longtemps, car je souhaitais continuer à travailler au sens classique du terme. Or cela n’a pas toujours été possible. Je crois qu’au fil du temps la notion même de travail et la conception que j’en avais a énormément évolué. Je n’en ai sans doute plus une définition classique, ce qui m’a d’ailleurs amené à créer une activité portable et pérenne conciliable avec mon mode de vie. Ce qui est énervant au quotidien, c’est la vision qu’on les autres de votre activité. Car il ne faut pas se voiler la face, la plupart de mes interlocuteurs actifs (salariés) pensent que je ne travaille pas (traduction : que je n’en fous pas une, que j’ai trop de la chance de me la couler douce). Sauf que …, c’est tout le contraire !


Voilà, c’était mes 10 mots clefs de conjointe accompagnatrice multi-expatriée. Et vous, quels sont les vôtres ? N’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 




mardi 14 avril 2015

La recette d'une expatriation réussie

recette d'une expatriation réussie

Aujourd'hui, je partage avec vous un texte que j'ai écrit en décembre 2014 dans le cadre du café écriture de Shanghai. Il a été publié dans les Carnets de l'AFCA* (n°86) de mars 2015. J'y aborde avec un peu d'humour ma vision de l'expatriation tout en y distillant quelques conseils pratiques de base pour bien s'y préparer. Voici donc si tant est qu'il en existe une, ma recette d'une expatriation réussie ! 


Ingrédients : 
  • un couple
  • des enfants (ou des ados pour plus de piment)
  • parents et amis
  • une destination, voulue de préférence
  • une bonne douzaine d’oeufs de la communication
  • 1 kg de courage
  • 750 g d’organisation
  • 700 g de flexibilité (prévoir un peu plus pour le conjoint accompagnateur)
  • un sachet de détermination
  • un extrait de persévérance
  • un extrait de patience
  • un brin de folie
  • plusieurs pincées de créativité, d’humour et de bonne humeur
  • un zest d’audace
Ustensiles :
  • des valises solides
  • un ou deux avions et des billets
  • un ordinateur portable
  • des téléphones mobiles
  • une ou deux tablettes
  • une très bonne connexion internet
Temps de préparation : 
  • au moins six mois en théorie
  • beaucoup moins dans la pratique
Temps de cuisson :
  • variable en fonction de la destination
  • bien surveillé le début de la cuisson pour éviter tout risque de débordement (burn out, dépression)
Temps de réalisation :
  • 6 mois à un an pour l’adaptation
  • un an et demie pour la dégustation
  • 6 mois pour la préparation au retour ou à un nouveau départ
Préparation 
  • Avec votre conjoint et vos enfants, cassez les oeufs de la communication et séparez l’écoute et la discussion. Mélangez l’écoute avec 500 grammes de courage. Rajoutez la destination sans oublier le sachet de détermination, essentielle à l’ensemble du projet. Réservez les 500 grammes de courage restant pour plus tard. Vous en aurez besoin. Travaillez suffisamment longtemps ce mélange jusqu’à ce que vous obteniez la bonne décision. Ajoutez progressivement l’organisation. Réservez.
  • Battre très ferme la discussion. Quand elle commence à monter, ajoutez deux cuillers à café de courage supplémentaire. 
  • Incorporez délicatement les deux mélanges obtenus précédemment. Présentez le tout à votre famille et à vos amis et incorporez les doucement à leur tour. Laissez reposer le tout pendant quelques temps, histoire que tout le monde s’habitue à cette nouvelle donne. Observez et écoutez les réactions.
  • Faites chauffer l’ambiance en obtenant un maximum d’information sur votre destination. Les plus chanceux auront pu goûter à un échantillon de la préparation grâce à un voyage découverte. N’oubliez pas d’intégrer vos enfants ou ados à cette étape de la préparation.
  • Prélevez un peu d’organisation auquel vous ajoutez un extrait de persévérance. Vous obtiendrez les passeports, les visas, les billets d’avion, les inscriptions à l’école, les devis de déménageurs, les bilans médicaux, la mise en vente ou en location de votre logement, etc …
  • Utilisez encore quelques grammes d’organisation, un brin de folie et une pincée de créativité pour planifier des fêtes d’au revoir pour vous, votre famille et vos amis mais aussi pour vos enfants et leurs tribus de copains. 
  • Beurrez vos valises, versez-y la préparation mais aussi tous vos espoirs, le zest d’audace et une bonne dose de flexibilité. Enfournez le tout dans l’avion.
Décoration par le conjoint accompagnateur 
  • Laissez refroidir la préparation.  Profitez-en pour prendre le temps de vous installer, de découvrir votre nouvel environnement, de prendre vos marques et de créer un réseau et des routines pour toute la famille. Ce sera la base de votre décoration. 
  • En parallèle, vous pouvez commencer à apprendre la langue du pays. C’est ainsi que vous allez pouvoir incorporer de nouveaux ingrédients et donner une saveur unique à votre parcours personnel et professionnel.  
  • Puisez dans votre stock de flexibilité, de créativité et d’audace pour réfléchir à votre projet personnel dans le cadre de cette expatriation. Vous allez créer une recette à votre image.
  • Veillez aux débordements éventuels de la garniture du au choc culturel inévitable que vous vivrez lors de la première année. Rajoutez un peu d’extrait de patience dans votre thé ou café quotidien.
  • Saupoudrez le tout avec une bonne dose d’humour et vous passerez le cap sans difficultés.
  • Pensez à renouveler sans cesse votre stock de communication pour l’utiliser à bonne escient avec votre conjoint et votre progéniture.
Dégustation en famille 
  • Dégustez avec votre conjoint et vos enfants en visitant largement votre pays d’accueil. Profitez et concentrez-vous sur les aspects positifs de cette nouvelle vie à l’étranger.
  • Sans en abuser, incorporez régulièrement vos parents et amis en leur faisant goûter votre nouveau mode de vie.
  • Gardez le contact avec eux en utilisant sans exagérer de nouveaux ustensiles de cuisine : skype, Facetime, e-mail, blog, newsletter et compagnie.
Conseil de conservation 
  • Veillez à la date limite de consommation et pensez dès votre départ … à votre retour.

Et vous, avez-vous des "recettes" pour vivre sereinement votre séjour à l'étranger ? N'hésitez pas à les partager dans les commentaires. 

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation ! 

*AFCA : Association Française des Conjoints d'Agents du Ministère des Affaires Étrangères

lundi 6 avril 2015

Qui fait quoi en expatriation ?

Qui fait quoi en expatriation ?

En cette période de préparation à une expatriation, à un retour d’expatriation ou à une transition vers un nouveau pays d’accueil (pour les multi-expats), il est l'heure de se poser la question suivante : qui fait quoi dans le couple expatrié ? 

J’ai essayé de poser les questions de la manière la plus anonyme possible. L’objectif est simplement de mettre en relief le rôle de chacun pour qu’au final, en fonction des situations, une certaine forme d’équilibre soit rétablie si nécessaire. À vous de jouer !

Déménagement de la France vers l’étranger, d’un pays étranger à l’autre, de retour d’expat
Qui prend contact par e-mail ou téléphone avec les sociétés de déménagement pour obtenir des devis ?
Qui reçoit une par une ces entreprises pour l’estimation du cubage ?
Qui réalise le suivi avec les entreprises de déménagement ?
Qui fait le tri entre ce qui doit être emmené, revendu, donné ?
Qui revend ou donne (avec tout ce que cela implique) ?
Qui le jour du déménagement est là de bout en bout ?
Qui le jour de l’emménagement est là de bout en bout ?

Recherche du logement en expatriation et retour d’expatriation
Qui réalise les recherches pour savoir où habiter à l’étranger ou de retour en France ?
Qui recherche concrètement le logement une fois sur place à l’étranger ?
Qui prend contact avec des personnes localement pour obtenir des infos et avoir un ressenti afin de prendre les meilleures décisions ?

Recherche d’école
Qui fait la recherche / sélection des écoles à l’étranger (expatriation) ou en France (retour d’expat) ?
Qui prépare les dossiers d’inscription dans de nouvelleS écoleS à l’étranger (expatriation) ou en France (retour d’expat) ?
Qui fait  en conséquence le suivi téléphonique et par e-mail pour que tous les documents et renseignements arrivent à bon port et que l’inscription se finalise ?
Qui réalise les visites des écoles pendant un séjour en France un an ou six mois avant le retour dans le cas d’un retour d’expat ?
Qui prend les RDV en amont pour ces visites ?
Qui fait les recherches en cas de changement d’école pendant le séjour à l’étranger (oui, ça arrive) ?

Suivi scolaire au quotidien à l’étranger
Qui à l’étranger assure le relationnel avec l’école d’un point de vue administratif, souvent dans une langue étrangère ?
Qui va aux réunions parents-prof autrement dit assure le suivi académique, souvent dans une langue étrangère ?
Qui explique et vérifie les devoirs au quotidien (dans une langue étrangère si votre enfant est dans une école locale ou internationale) ?
Qui fait les cours de français du CNED ou tout autre organisme d’enseignement du français à distance, le week-end et pendant les vacances scolaires (si votre enfant est dans une école locale ou internationale) ?
Qui réalise le suivi et la gestion administrative avec le CNED ou tout autre organisme d’enseignement du français à distance ?
Qui emmène les enfants à l’école, aux entraînements du soir et du week-end, aux playdates et aux anniversaires ?

Vie quotidienne
Qui apprend la langue étrangère du pays d’accueil ? 
Qui explore le quartier et la ville pour trouver les meilleures adresses dans tous les domaines de la vie quotidienne ?
Qui fait les courses dans trois voire quatre supermarchés différents pour réussir à faire des menus équilibrés et maintenir une routine alimentaire à la française ?
Qui paient les factures d’électricité, d’eau, de téléphone dans une langue étrangère ?
Qui assure le relationnel et le suivi administratif avec le propriétaire du logement à l’étranger dans une langue étrangère ?
Qui enquête pour trouver le meilleur médecin, dentiste, orthodontiste, hôpital à l’étranger ?
Qui gère le suivi médical et dentaire des enfants à l’étranger (donc dans une langue étrangère) ?
Qui assure le suivi administratif avec son assurance médicale privée et/ou sa mutuelle compte tenu du décalage horaire ?
Qui gère les comptes ?
Qui paie les impôts et autres taxes en France et/ou à l’étranger ?
Qui assure le suivi administratif de votre logement en France si vous ne l’avez pas vendu avant votre départ ?

Vie sociale et familiale
Qui entretien les relations familiales et amicales à distance par Skype, FaceTime, e-mail, newsletter, blog et compagnie ?
Qui crée un nouveau réseau social et amical à chaque expatriation ?
Qui organise les fêtes d’anniversaire des enfants, les fêtes d’au revoir, les playdates pour qu’ils se fassent des amis ?
Qui achètent sur place (donc à l’étranger) les cadeaux de noël et d’anniversaire de la part de toute la famille restée en France ? 
Qui achètent les cadeaux pour la famille en France (noël et anniversaires) et les envoient depuis l’étranger ?
Qui organise les vacances et les voyages en France et à l’étranger ?

Emploi
Qui travaille à plein temps ?
Qui est le salarié expatrié ?
Qui cherche du travail ?
Qui n’a pas le droit de travailler ?

D’autres questions vous viennent à l’esprit ? Rajoutez-les en commentaire.

Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation. 

lundi 30 mars 2015

Infographie : l'expatriation des retraités

L'expatriation ne concerne pas que les jeunes diplômés et les cadres supérieurs souhaitant booster leurs carrières. Elle concerne aussi de plus en plus les jeunes retraités.


D'après le sondage Opinion Way mené pour Mysilverway auprès de 911 personnes, un français de plus de 50 ans sur trois serait tenté de passer sa retraite à l'étranger. L'infographie de Mysilverway nous renseigne sur cette tendance, qui si elle n'est pas entièrement nouvelle, prendra très certainement encore plus d'ampleur dans les années à venir.

L'expatriation des seniors retraite à l'étranger
Infographie : l'expatriation des seniors 
Source infographie : Mysilverway

lundi 23 mars 2015

Mon interview sur Calliframe


Christelle Bourgeois, webdesigner, est la fondatrice du site Calliframe. Sur son blog intégré, elle tient une rubrique intitulée « Découvrir la vie d’expat ». Elle m’a interviewé sur mon parcours d’expatriée et les aspects créatifs de mon quotidien d’écrivain

Merci Christelle pour cet entretien pas comme les autres qui se penche sur la question de la créativité en expatriation

Merci de diffuser, de partager, de liker, de twitter !!!

Crédit Photo : Free Digital Photos


mercredi 18 mars 2015

Chroniques shanghaiennes : Dongtai market

Hier, j'ai profité d'une éclaircie pour découvrir le Dongtai market. Traduction : le marché aux puces ou aux antiquités de Shanghai. En route pour une petite visite guidée !


Ne vous attendez pas à un grand marché comme ceux que l'on peut visiter à Pékin. Celui-ci s'étale sur deux petites rues qui forment un croisement à partir de Zizhong Lu. Vous n'en aurez donc pas pour longtemps à faire le tour des minuscules échoppes qui s'enchevêtrent les unes aux autres, à moins bien sûr que vous ayez envie de traîner. Je vous conseille donc de grouper cette visite avec une promenade dans Xitiandi, par exemple, qui n'est pas très loin.

Chaque échoppe a son créneau : certaines ne vendent que des théières et des statuettes de Mao sous tous les formats tandis que d'autres se spécialisent dans les articles de bureau des années 70 : vieux téléphones à cadran, vieilles machines à écrire, etc ... Bref, si vous avez une âme de brocanteur, la patience d'une mère de famille et que vous baragouiner quelques mots de chinois pour négocier un bon prix, vous y trouverez votre bonheur ! Par curiosité, j'ai demandé le prix d'un pinceau chinois qui ne payait pas de mine et la gentille petite dame m'a demandé 95 RMB. Je n'ai même pas cherché à négocier car je peux trouver le même moins cher, en meilleur état et plus joli dans mon quartier, donc sans les frais de déplacement (taxi) !

Shanghai : Dongtai Market - marché aux antiquités

Shanghai : Dongtai Market - marché aux antiquités


Finalement ce qui m'a le plus plu, c'est l'ambiance du marché plus que la quincaille qui y est vendue. J'ai aimé observer les propriétaires endormis dans des fauteuils dépenaillés, ou encore les hommes jouant aux cartes ou au Majhong tandis que les vielles femmes faisaient la causette et que les plus jeunes cousaient sur leurs genoux, ou plus fréquemment dévoraient des yeux leurs smartphones en continue.

Bref, un petit endroit à visiter d'autant qu'il est, paraît-il, voué à disparaître sous peu en raison d'une "rénovation" prochaine du quartier.

Bonne visite !

lundi 16 mars 2015

Shanghai en collages

Shanghai en photos - Shanghai en collages - Enjoy !

La fête des lanternes

Shanghai - Pudong - Levé du jour
Balade en vélo au levé du jour

lundi 16 février 2015

Mon interview sur Easy Expat

Easy Expat m'a interviewé à propos de mon parcours d'expat et de mes activités d'écriture (rédaction d'ouvrages, accompagnement à l'écriture). 

L'entretien se trouve sur leur blog, les chroniques de l'expatriation sous le titre : une multi-expatriée partage son expérience et parle de ses activités d'écriture.

Merci de diffuser, de partager, de liker, de twitter !!

Merci à l'équipe d'Easy Expat.

Crédit Photo : Free Digital Photos

lundi 26 janvier 2015

Conférence sur le couple en expatriation

Dans le cadre du cycle de conférences sur l'expatriation en famille au Lycée Français de Shanghaï, je réaliserai et animerai une conférence sur le couple en expatriation

Les informations clefs sont les suivantes : 
  • Date : 4 février 2015
  • Horaire : 9h00 - 11h00
  • Lieu : Foyer du LFS Pudong
Pour plus de renseignements, écrivez-moi : contact@writerforever.com


Merci de diffuser cette information le plus largement possible.

lundi 12 janvier 2015

Interview avec Isabelle Guglielmi, fondatrice d'Amériksanté

Isabelle Gugliemi

Dans le cadre de mes « interviews d’expat », je privilégie des parcours de qualité en fonction des demandes qui me sont faites mais aussi et surtout en fonction de mes envies et de mon souhait de montrer la diversité des expériences possibles. Dans le cadre de ces entretiens, je vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur,  et très souvent les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation et parfois au retour de celle-ci (impatriation). Ces interviews démontrent que l’on peut être une conjointe d’expatrié, se réaliser professionnellement et avancer dans sa vie active. 


Ce mois-ci, j’ai rencontré Isabelle Guglielmi, pharmacienne et fondatrice d’Amériksanté qui s’adresse aux francophones qui vivent ou voyagent aux Etats-Unis.

Expat Forever : Bonjour Isabelle. D’où êtes-vous originaire ?
Isabelle Guglielmi : Bonjour Véronique et merci de m’accueillir sur votre blog. Je suis née à Versailles,et j’y ai grandi jusqu’à l’âge de 11 ans. Puis, nous sommes partis habiter Lyon. J’y ai fait tout mon collège, mon lycée et mes études supérieures … donc je me sens beaucoup plus lyonnaise. Je suis mariée et j’ai quatre enfants.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 
IG : Nous habitons dans la banlieue de Kansas City aux Etats-Unis. La ville se situe dans l’État du Missouri mais nous vivons dans l’État du Kansas à 10 kilomètres.

EF : Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours d’expatriée?
IG : Je suis d’abord partie en Suisse pour effectuer mon stage de fin d’études de pharmacie. En 1995, je suis partie avec mon mari en CSN au Maroc à Casablanca. Nous y sommes restés 16 mois. Lentreprise avec laquelle mon mari était parti en CSN la embauché et nous avons atterris à Grenoble que je ne connaissais pas et que jai du découvrir.
C’est aussi cette même entreprise qui nous a envoyés en décembre 1999, à Taïpei (Taiwan). Nous y sommes restés trois ans et demi. Ce fut une expérience très forte que de vivre dans un environnement chinois. En 2003, nous revenions à Grenoble avec un enfant en plus (la 3ème était née là-bas). Nous avons eu cinq ans d’interlude en France et nous avons déménagé en novembre 2008 dans la Baie de San Francisco, toujours en tant qu’expatriés avec la même entreprise. Nous y sommes restés un peu moins de trois ans. En 2011, mon mari a eu une proposition d’embauche dans une autre entreprise et notre famille a atterri à Kansas City. Cette fois-ci, nous n’avions plus du tout le statut d’expatrié.

EF : Dans quel état d’esprit êtes-vous partie la première fois en expatriation et avec quels objectifs ?
IG : Au début, ma plus grande motivation était de découvrir de nouveaux horizons. C’était la même chose pour mon mari. Notre première expérience commune au Maroc nous a donnés le goût des voyages et des découvertes. Nous avons été piqués par le virus de l’expatriation. Nous avons donc saisi la première occasion pour repartir et même si Taipei ne faisait pas rêver, notre objectif était d’aller découvrir de nouvelles cultures et de vivre une vie différente.

EF : Quelles difficultés avez-vous rencontré lors de votre installation aux Etats-Unis ?
IG : Je pense qu’il y a deux choses qui m’ont freinée à mon arrivée en Californie. 
Arrivée en milieu d’année scolaire, j’ai eu beaucoup de mal à m’intégrer les premiers temps et à trouver mes marques. 
Je crois que je n’étais pas prête à assumer le choc culturel. Et pourtant, j’en avais déjà vécu un de taille à Taiwan 8 ans auparavant. Mais le choc rencontré en Californie était plus incidieux. Finalement j’ai mis du temps à comprendre les codes de mon environnement.
Il y avait tout à recréer : des amitiés, des repères et des habitudes de vie. Je crois que je m’y suis très mal prise la première année, mais ensuite, j’ai pu apprécier le mode de vie et l’environnement exceptionnel de la Californie.
Je crois aussi que cette arrivée aux Etats-Unis coïncidait aussi avec une grande période d’incertitude personnelle : je venais d’avoir un quatrième enfant, j’avais terminé un nouveau cycle d’étude à l’IAE de Grenoble et j’aurai aimé reprendre ma carrière. Cette expatriation remettait en cause cette reprise.

EF : Souhaitiez-vous travailler lors de votre arrivée ?
IG : Oui et non. Je me sentais débordée dans cette nouvelle vie et avec quatre enfants, des accompagnements à faire, un petit garçon de deux ans. Je ne voyais pas comment je pouvais m’en sortir avec un travail. Il m’a donc fallu d’abord m’acclimater à cette nouvelle vie. La seconde année, mon petit dernier est entré à l’école, j’avais donc plus de temps et je me suis investie dans l’association des parents d’élèves (PTA) de l’école franco-américaine de mes deux derniers. Cela me prenait pas mal de temps. A la fin de l’année, j’ai décidé de continuer et même de prendre encore plus de responsabilités, en devenant présidente du PTA. Mais, c’est à ce moment-là, que j’ai commencé à vouloir créer quelque chose. Je me suis rendue compte que je ne m’épanouissais pas du tout dans cette activité bénévole car elle était très prenante et peu gratifiante.

EF : Vous avez créé en 2013 un projet professionnel nomade qui s’appelle AmérikSanté. Comment et pourquoi avez-vous été amenée à développer un tel projet ?
IG : Je suis docteur en pharmacie avec un diplôme français. Celui-ci n’est pas reconnu aux Etats-Unis. Pourtant, j’ai beaucoup d’amies qui me demandent des conseils. Aux Etats-Unis, on trouve des médicaments partout, mais personne n’est là pour les présenter et donner des conseils appropriés pour les utiliser. De plus, l’offre est déroutante. En apparence, il y en a beaucoup, mais dans les faits, l’offre est plus restreinte et moins souple qu’en France par exemple. Il faut donc pouvoir composer et aussi éviter certains pièges dus à la présence en vente libre de nombreux médicaments potentiellement dangereux. L’idée de faire un site web de conseils santé est née de ce constat mais il m’a fallu du temps pour formaliser ce projet ainsi que les services que je pouvais offrir.


EF : Justement, quels genres de services proposez-vous et à qui s’adressent-ils ? 
IG : Mes services s’adressent aux francophones qui vivent ou voyagent aux Etats-Unis. J’ai rassemblé des conseils généraux mais aussi ciblés dans deux ebooks :

Ils sont tous deux en vente sur mon site AmerikSanté au format pdf et sur Amazon au format mobi (Kindle).
En 2015, je souhaite élargir mon offre de services de manière plus directe car jai souvent des questions par e-mail. Jaimerais aussi publier en version électronique et papier un troisième guide pratique sur lauto-médication aux Etats-Unis. 

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?
IG : D’un point de vue personnel, j’ai énormément appris sur moi-même grâce à ce projet. Je choisis ce que je dois faire et c’est un avantage dans ma vie de tous les jours : cela m’apporte donc beaucoup de satisfactions et d’épanouissements. 
D’un point de vue professionnel, je pense que cela me permet de concilier ma vie de famille et ma profession. Je suis donc plus adaptable et au final, cela me permet de pouvoir mener de front cette activité et ma vie de famille. 

EF : Pensez-vous que l’expatriation rende la gestion de votre projet plus difficile ou au contraire plus facile ? Pourquoi ?
IG : Tout d’abord, je pense que sans l’expatriation, je n’en serais jamais arrivée là car je n’aurais pas eu à me remettre en question de la sorte. 
Plusieurs facteurs m’ont poussée à me lancer dans l’auto-entreprenariat : 
  • le fait de rencontrer des gens qui étaient déjà dans cette démarche-là : la Silicon Valley était un vivier d’initiatives en tout genre, notamment chez les femmes expatriées francophones.
  • être expatriée m’a incitée à m’intéresser aux techniques du web, à lancer mon propre blog (au départ, mon blog d’expat FromSide2Side) et à rencontrer via ce réseau des femmes dans le même cas que moi, comme vous par exemple (je pense que vous avez été la première). J’ai compris que j’avais un message à faire passer, que les techniques modernes pourraient m’aider.

Grâce à tout cela, je peux dire que oui, l’expatriation m’a aidé à me lancer. 
Mais ma situation géographique a parfois tendance à me freiner. Mes services s’adressent à des expatriés et à des voyageurs. Il y en a peu à Kansas City, où, il n’y a pas d’organisation d’accueil expatriés et où peu de voyageurs se rendent. La ville est très isolée en plein centre des Etats-Unis.  Je dois donc aller au delà et me faire connaître via le web. 
De plus et surtout, je n’ai pas de réseaux locaux où je peux me ressourcer et discuter de ma situation avec d’autres. Je pense toujours à la Silicon Valley, où des femmes en situation d’auto-entreprenariat se rencontrent régulièrement pour partager leurs problématiques. Cela me manque beaucoup. 

Q: Que conseillerez-vous à d’autres femmes qui s’apprêtent à suivre leur conjoint à l’étranger pour la première fois ?
IG : Je leur dirais que leur vie professionnelle ne doit pas s’arrêter avec ce départ et que grâce à l’époque  que nous vivons, il est possible de se réinventer. Il faut être solide dans sa tête et arriver avec un esprit ouvert en saisissant toutes les opportunités qui s’offrent à nous. Il faut savoir trouver cette petite étincelle qui se trouve en nous … et oser… 

EF: Quels conseils donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre une activité professionnelle nomade ?
IG : Mon premier conseil serait de bien définir ce qu’elles veulent développer mais aussi et surtout  de planifier, de mettre en place des stratégies de réussite en étant très claire. Ce n’est pas toujours facile et entre l’idée et la réalisation, il peut se passer beaucoup de temps. 
Mon deuxième conseil est d’ être ouverte aux nouvelles technologies et de ne pas hésiter à demander conseils. 
Enfin, la réalisation d’un tel projet ne peut pas se faire seule. Depuis deux ans, plusieurs professionnelles m’ont aidées pour mettre en place le site, mais aussi des coachs de vie qui m’ont permis d’y voir clair dans mon intention et mon positionnement par rapport à ma vie de famille notamment. Je compte encore me faire accompagner car c’est une démarche qui est difficile à mettre en place seule et à maintenir seule. 

Merci Véronique de m’avoir reçu sur votre blog Expat Forever. 

Merci Isabelle pour votre témoignage et bonne continuation. 

Vous pouvez suivre aussi Isabelle et son site Amériksanté sur sa page Facebook et son compte twitter : @ameriksante


Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...